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      PIEDS-NOIRS HIER     PIEDS-NOIRS TOUJOURS

1847 - 1964

 

Nous avons des racines en Espagne dont les preuves écrites ne remontent pas au-delà des années 1800. Certains de nos aieux quittèrent leur pays au début du XIXème siècle pour fuir sans aucun doute leur misère. Mais leur existence d'exilés "économiques" ne fut pas plus heureuse en Algérie.  Leur vie resta tragiquement ponctuée de deuils fréquents et à tout âge, laissant souvent des orphelins et de jeunes veuves n'ayant souvent pas d'autre situation reconnue, à lire les actes d'état civil,  de n'être que des ménagères.

La lecture attentive des registres désormais publiés sur Internet par l'ANOM, m'a sensibilisée sur leur précarité.  Comment ces mères-courage, seules et soutien de famille purent-elles assurer gite et couvert ? Pour survivre elles durent travailler hors de chez elles et leurs enfants à peine sorti de l'enfance entrer précocément dans le monde du travail. Quant à nos plus proches parents, ils gagneront indéniablement de meilleurs jours et ce malgré 1914-1918, la crise de 28 et 1939-1945. Au vu de l'histoire contemporaine de l'Espagne, nos exilés familiaux auraient eu alors raison de tenter leur chance ailleurs. Mais l'histoire n'est pas immuable...

Remontons le temps, notre temps, celui de notre famille à qui nous devons d'exister.

Nos patronymes : ASENCIO/CROUANES/MONTANER/PASTOR

l'orthographe des noms de famille connait des variantes selon les scribes de l'état civil

1822 : A Rafol de Salem (Province de Valence) Dolores PASTOR qui a épousé Francisco CROUANES donne le jour à un petit Salvador. Ses parents sont probablement nés vers plus ou moins 1800. L'Etat civil espagnol n'existe pas à cette époque mais l'Eglise, omniprésente et puissante dans le royaume, consigne les naissances, les mariages et les deces forcément liés aux sacrements de l'Eglise. Les registres de Ràfol ont-ils été épargnés de la perte ou de la destruction par les conflits qui ont si fréquemment traversé l'Espagne pour pouvoir espérer, un jour, découvrir en amont plus encore notre ascendance ?

 

Salvador se marie à Salvadora MONTANER en Espagne et il meurt en Algérie le 19/09/1857 à Saint Denis du Sig. Les lieux de naissance de leurs deux premiers enfants permettent d'établir leur installation en Algérie entre 1847 et 1855. De quel port d'embarquement espagnol sont-ils partis ? Débarquèrent-ils fort probablement à Oran, fief de générations d'espagnols depuis le XVème siècle ?

Salvador et Salvadora CROUANES ont eu au moins 4 enfants :

- Salvadora née à Ràfol en Espagne en 1847 – DCD 19 sept 1857 à l'hopital St Denis du Sig en Algérie, le même jour que son père qui meurt à son domicile (épidémie d"e cholera?).

- Maria-Dolores née 29 avril 1855 à St Denis du Sig. Elle est margée sur son acte "espagnole". Elle sera ma bisaïeule.

- Francisco né en 1856 à St Denis et DCD le 15 dec 1858 à l'âge de 2 ans

- François Xavier (notons la francisation de son prénom) né le 23 février 1857 sans autre précision à ce jour

- Salvadora CROUANES (MONTANER) decede après 1874 puisqu'elle assiste cette année là au mariage de sa fille Maria-Dolores

       

fond d'image carte postale pub biscuit lefevre utile 1900 Alger

 

 

 

Quels villages quittèrent-ils en Espagne ? Les uns laissèrent derrière eux El Ràfol de Salem (province de Valence), les autres Huercal en Andalousie (carte ci-dessus)

Le premier toponyme est sans equivoque sur la présence historique des "arabes" au Moyen Age espagnol. Sous d'autres appellations "les maures" ou "les sarrazins", ils sont une mosaïque d'ethnies nord-africaines islamisées par les arabes venus de la péninsule arabique. La méditerranée ne leur était pas infranchissable. Aussi au nom de Mahomet embarquèrent-ils leurs chevaux, leurs tentes, leurs sabres et leur foi pour conquérir l'Europe. Mais au nord de Poitiers, Charles Martel les stoppa en 732. Vaincus ils ne rebroussèrent pas tous en Espagne. Des hordes s'éparpillèrent et firent souches jusqu'en Touraine (Bossé près de Sainte Maure)

La moitié sud par contre de la peninsule ibérique fut par leur victoire érigé en califat. Il fut prospère laissant à la postérité un patrimoine architectural remarquable et laissa d'autres empreintes tout aussi fortes.

L'unité du royaume espagnol après l'aventure américaine fut encore longtemps compliquée par d'éternels conflits intérieurs. Pour consolider l'intégrité du royaume, de grands domaines terriens furent créés, hélas comme toujours, au détriment des petits propriétaires. Les brigandages et les épidémies mortelles accentuèrent leur dénuement et nombre de générations d'espagnols, dont les nôtres vers 1847, furent alors contraints soit de rester très pauvres et mourir, soit de partir.

Huercal     (à suivre)

Pourquoi vers l'Algérie ? Les relations orano-hispaniques qui furent plus ou moins fructueuses selon les époques, commencèrent dès le XVème siècle.

L'installation des Francais en Algérie vers 1830 fut initialement la conséquence de la sollicitation du Bey d'Alger pour qu'ensemble ils chassent l'occupant turc. L'Europe était alors à l'heure de la colonisation. L'Angleterre, précisément, qui avait déjà un pied à Gilbratar avait des vues personnelles sur l'Algérie.

Opportuniste bien sûr, expansionniste certes mais aussi  humaniste, la France s'imposa à son tour dans une Algérie habitée de peuples plus ou moins belliqueux entre eux et peu enclins au developpement de leurs ressources. Leur conquête achevée, les français crurent à la mise en valeur de ce pays et de toute l'Afrique du Nord.

C'est ainsi que la France s'accommoda de la main d'oeuvre espagnole, toujours croissante. Elle était courageuse au travail de la terre, matériellement peu exigeante pour vivre et résistante aux épreuves du climat méditerranéen.